La ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, a mis en avant, à l’ouverture de la 18e édition du Festival international de la bande dessinée d’Alger (FIBDA), la place désormais acquise par cette manifestation dans le paysage culturel algérien et international. Évoquant un « plaisir renouvelé » d’assister à l’ouverture du festival, elle a estimé que le FIBDA constitue « l’un des plus importants en Algérie ». « C’est une fierté pour nous, car il en est déjà à sa 18e édition. C'est un rendez-vous qui s'est imposé comme un espace professionnel et populaire, réunissant un très grand public », a déclaré la ministre dans son allocution, soulignant également la dimension internationale du festival. « C'est aussi un événement international qui a su devenir une référence dans son domaine, offrant au monde l'opportunité de découvrir un pays culturel et artistique par excellence », a-t-elle ajouté.
Une reconnaissance internationale affirmée par l’UNESCO
Mme Bendouda a également mis en avant la reconnaissance dont jouit désormais le FIBDA à l’échelle internationale, notamment à travers sa présence sur la plateforme de suivi des politiques culturelles de l’UNESCO, consacrée au recensement et à la documentation des pratiques culturelles dans le monde. « Nous sommes fiers de voir que les grands rendez-vous culturels que nous encadrons bénéficient de la confiance des partenaires et des acteurs du secteur », a-t-elle affirmé, considérant ce référencement par l’UNESCO comme « une reconnaissance envers cette manifestation culturelle majeure, spécialisée et exceptionnelle dans la région ». Cette reconnaissance, a-t-elle relevé, est le résultat d’un travail inscrit dans la durée, qui s’est concrétisé grâce aux « efforts des Algériens et des organisateurs de ce festival, des efforts entamés il y a plusieurs décennies et qui se poursuivent encore aujourd'hui ».
L’art au service de la formation
La ministre a également consacré une partie de son intervention à la nature même de la bande dessinée, qu’elle considère comme un art transversal, capable de dialoguer avec de nombreuses autres disciplines artistiques. « C'est un art qui se nourrit de tous les autres arts et qui alimente l’imaginaire », a-t-elle expliqué, évoquant notamment les expériences d’adaptation de bandes dessinées en œuvres d’animation. Elle a aussi mis en évidence les possibilités offertes par le neuvième art en matière de création, de transmission et de valorisation du patrimoine.
La ministre a également plaidé pour une implication accrue des écoles d’art dans les manifestations culturelles, notamment dans la formation pratique des jeunes créateurs. Saluant la présence des étudiants de l’École supérieure des beaux-arts d’Alger (ESBA) au FIBDA, elle a estimé que leur participation leur permet d’acquérir une expérience directement au contact des professionnels. « Les étudiants doivent contribuer à façonner l’identité artistique de ces rendez-vous culturels », a-t-elle déclaré, tout en soutenant que l’intégration des étudiants « dans ses ateliers et ses activités » constitue l’une des forces du festival qui leur offre « une opportunité de formation sur le terrain ».
Hommage aux pionniers et transmission intergénérationnelle
Dans son intervention, Mme Bendouda a également inscrit le FIBDA dans une perspective de valorisation de la mémoire et du patrimoine artistique national. Elle l’a présenté comme une « vitrine essentielle de la diversité culturelle que l’Algérie a toujours incarnée, et une nouvelle page dans le livre de l’excellence artistique algérienne ». Elle a rappelé, dans ce contexte, le rôle joué par les artistes dans l’histoire du pays. « Il ne fait aucun doute que notre mémoire conserve de nombreux témoignages de la contribution de tous les arts à la résistance, à la lutte et à l’édification d’une Algérie libre et indépendante », a-t-elle déclaré, estimant que cet engagement demeure « toujours vivant ».
En outre, la ministre a rendu hommage aux artistes disparus Mahfoud Aider et Tayeb Arab, tout en saluant la présence d’Ahmed Haroun, créateur du personnage emblématique de Mqidech. Pour elle, « la fidélité envers nos aînés et nos fondateurs ne se limite pas à mentionner leurs noms au passage ; elle implique de perpétuer leur héritage, d’honorer leur mémoire en renouvelant la création et l’action culturelle dans tous les domaines ». Elle a également mis en avant l’importance d’offrir aux nouveaux talents « des opportunités, des espaces d’expression et un accompagnement adapté », afin de permettre à leur « passion, leur vision et leur potentiel » de s’exprimer pleinement.
Cette transmission, a-t-elle poursuivi, passe par « la formation et l’encadrement », indispensables pour assurer « une transmission créative et productive entre les générations ». Elle a enfin appelé les festivals et institutions culturelles à inscrire la préservation de la mémoire dans leur action : « Il incombe à l'ensemble des festivals, institutions et événements culturels en Algérie de préserver la mémoire artistique et culturelle, de ne jamais oublier les pionniers et de reconnaître pleinement le rôle des fondateurs et des grands maîtres », a-t-elle conclu.